J’écris un roman – suite 9


 

Voilà la première partie du manuscrit que j’ai intitulé provisoirement « Un roman ». Titre tout simple, mais je n’en avais pas un autre en tête pour l’instant. Donc, nous l’ appellerons ainsi !

 

Après avoir décacheté l’enveloppe bleu ciel qu’il venait de retirer de sa boite postale, Serge Duval déplia avec un soupçon d’espoir, le mince feuillet de la même couleur. Si l’éditeur dont il avait lu le nom en en-tête à gauche de l’enveloppe prenait la peine de lui écrire, c’était peut-être parce qu’il avait réussi à accrocher son attention ? Ses mains tremblaient un peu et l’enveloppe lui échappa, tourbillonna pour atterrir à ses pieds. Il ne prit pas la peine de la ramasser, impatient de prendre connaissance du contenu de la missive. Il survola des yeux les phrases qu’il connaissait bien :

Paris, le …

Monsieur,

Nous avons pris connaissance avec intérêt des (l’)ouvrage(s) ci-dessous, que vous nous avez adressé(s) :

« Au devant de la vie »

Nous regrettons de vous informer qu’il ne nous est pas possible d’intégrer ce(s) titre(s) dans le cadre de nos collections actuelles.

En vous remerciant, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos meilleures salutations.

Pierre Gonjours

Editeur

Au fur et à mesure de sa lecture, le demi-sourire qu’il affichait depuis quelques secondes, s’affaissa. Encore une énième lettre de refus, pensa-t-il. Polie, mais de refus tout de même. A croire qu’il en faisait la collection. Il replia soigneusement le feuillet et le fourra dans la poche de sa chemise. En rentrant, il la rangerait dans un classeur rouge nommé « lettres de refus » et essaierait de l’oublier, comme quelques dizaines d’autres.

Serge Duval n’avait pas toujours essuyé que des refus. Il avait été édité deux fois par une maison d’édition locale, et pour ces deux premiers romans. Il avait le titre d’écrivain, même si pour vivre il était obligé dans la vie de professer. Il enseignait le français dans un lycée de son quartier. Ce travail lui plaisait et lui laissait du temps pour écrire. Longtemps, cela avait été son jardin secret, jusqu’au jour où sa fiancée, Julie Clark, était tombée sur un premier manuscrit. Elle l’avait soigneusement lu et enthousiasmée, l’avait envoyé à un éditeur de la place qu’elle connaissait bien. Elle avait su les convaincre de prendre et d’éditer l’histoire qu’il avait écris. Le deuxième roman avait suivi l’année d’après.

Reconnu par la population comme un bon romancier, il était devenu le porte parole de tous ceux qui écrivaient dans le pays.

 

Merci de vos conseils et suggestions en commentaires 🙂

 

4 réflexions sur “J’écris un roman – suite 9

  1. C’est un bon début me semble-t-il. L’angoisse de l’écrivain non reconnu est un bon sujet. Devant le nombre de personnes éprouvant le besoin vital d’écrire, combien sont reconnus et lus ? Très peu. Ce personnage devrait peut être tenir un blog pour se faire connaître. 🙂

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