Le joueur de Fédor DOSTOIEVSKI


 

 

Autour de la roulette, dans le casino, la foule se presse. Il y a là un jeune homme qui gagne, qui gagne énormément. Il regarde les pièces d’or et les rouleaux de billets de banque s’amonceler devant lui dans une sorte d’hébétude. On le croirait ivre. Une nuée de parasites espère bénéficier des miettes de la fortune qui déborde de ses poches et s’empresse autour de lui. Il n’y fait pas attention.

Entré dans la salle avec quelques centaines de francs, Alexis Ivanovitch, le joueur, en a maintenant plus d’une centaine de milliers. Il joue n’importe comment, comme un fou. Aussi facilement qu’en un rêve, il fait sauter la banque à toutes les tables. Quand il se lève enfin pour partir, la démarche alourdie par près de dix kilos d’or, à peine entend-il une voix lui murmurer qu’il lui faut partir le lendemain, faute de quoi il perdra tout.

Alexis retourne à son hôtel. Il est à Roulottenburg, ville au nom prédestiné, depuis quelques jours. Spectateur et acteur, il a participé, par amour pour l’indifférente et cruelle Paulina, à une tragédie dont les épisodes lui donnent parfois envie de rire sauvagement. Car le beau-père de Paulina, arrivé ici en fringant équipage, s’est ruiné en peu de temps. Toute sa fortune est hypothéquée, aux mains d’un petit français, dont Alexis craint bien que Paulina ne soit amoureuse.

 

Amoureuse, elle ? Elle est si belle mais si étrange… Et Alexis, sans savoir pourquoi, sait qu’il fera tout ce qu’elle lui dira. Mais voici qu’est arrivée une vieille parente de la famille, dont la mort annoncée promettait un bel héritage. Quoique infirme, elle est bien vivante, la grand-mère, sarcastique et riche, décidée elle aussi à tout jouer. Et la baboulinka a tout perdu.

 

C’est la nuit. Alexis, enfin riche, est dans les bras de Paulina, qui l’embrasse passionnément. La tête lui tourne aussi fort que lorsqu’il a tout misé sur le rouge et que la roulette vient d’être lancée par la main experte du croupier.

 

Mais les joueurs savent qu’à la roulette comme en amour, l’ivresse la plus profonde n’est pas de gagner, mais de perdre. Alexis perdra-t-il ? S’il ne lui restait qu’un seul louis d’or, une chance s’offrirait encore à lui, une dernière chance de vaincre ce destin qui tourne, tourne…

 

Dicté fiévreusement en vingt-cinq jours d’octobre 1866, Le Joueur est pénétré de l’excitation d’un écrivain qui sent qu’il raconte sa propre vie et n’en oublie pas pour autant le génie de son art. Quatre ans auparavant, en effet, Dostoïevski avait découvert le jeu au cours d’un voyage en Europe. Comme son héros, il nourrissait alors une passion pour une femme, Pauline Sousslova. A cause d’elle, il s’était lancé dans une série de folies qui dura dix ans, le laissant parfois au bord de la misère. Marqué par cette expérience et capable déjà d’en tirer un chef-d’œuvre, Dostoïevski a mis dans Le Joueur les drames et les délires qui le hantaient et esquissé, dans une histoire haletante, les grands thèmes qui parcourent son œuvre.

 

 

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Une réflexion sur “Le joueur de Fédor DOSTOIEVSKI

  1. Le thème du jeu est assez fréquent dans la littérature.
    Les romans russes sont assez complexes à lire en raison du nom et du nombre des personnages.

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